Source : © Association Française d'Urologie - ©Uropole Côte Basque - 7 CHEMIN DE LA MAROUETTE - BAYONNE

Injection

de toxine botulique

dans la paroi vésicale

 

L’objectif est de permettre de ne plus avoir de fuites d’urine, ni d’envies d’uriner urgentes et/ou trop fréquentes et de diminuer

le risque d’avoir des infections urinaires graves

ou de détériorer le fonctionnement des reins.

La maladie

De nombreuses maladies neurologiques (plaie, malformation, infection ou inflammation de la moelle épinière, sclérose en plaque, accident vasculaire cérébral, maladie de Parkinson etc..) peuvent dérégler cette commande qui est complexe et même entrainer un mauvais relâchement des sphincters pendant la contraction de la vessie.

Ces dérèglements aboutissent à la survenue à la fois de fuites d’urine dont la cause est des contractions non contrôlées de la vessie pendant la phase de remplissage et d’une rétention chronique d’urines du fait d’une mauvaise vidange. En dehors des fuites gênantes dans la vie quotidienne, la rétention d’urines est une cause importante d’infections urinaires. Par ailleurs ces contractions inopinées de la vessie peuvent entrainer une pression trop forte dans le réservoir vésical aboutissant à un risque de complications sur les reins.

 

Principe de l’intervention

Injecter de la toxine botulique A (TBA) dans l’épaisseur de la paroi de la vessie. L’injection de TBA vous sera proposé par votre médecin quand les médicaments que vous prenez par la bouche sont mal supportés ou insuffisamment efficaces pour contrôler les contractions de la vessie. Elle s’associe dans la grande majorité des cas à la pratique de sondages intermittents que vous réaliserez plusieurs fois par jour pour vider la vessie. La TBA réduit les contractions incontrôlées de la vessie et diminue le besoin urgent d’uriner en agissant sur des terminaisons nerveuses contenues dans la paroi. Les fuites d’urines et les envies urgentes sont ainsi supprimées ou considérablement réduites. La pression qui règne dans la vessie diminue et les reins sont moins exposés à des remontées anormales d’urine provenant de la vessie. L’effet de la TBA débute 2 à 10 jours après l’injection. Elle agit temporairement pendant 6 à 9 mois en moyenne. Il existe cependant des variations d’efficacité d’un patient à l’autre. Lorsque l’effet disparaît, on peut ré-injecter autant de fois que nécessaire en respectant un minimum de trois mois entre deux injections.

A ce jour les médicaments à base de TBA ont une autorisation limitée de mise sur le marché (AMM) en France pour l’indication d’injection vésicale pour incontinence d’origine neurologique. Cependant de nombreuses publications rapportent l’efficacité et l’innocuité de cette technique.

 

Y-a-t-il d’autres possibilités ?

Ce sont d’abord les médicaments de la famille des anticholinergiques. Quand ils sont inefficaces ou mal tolérés, on propose les injections de TBA dans la paroi de la vessie. Lorsque ces solutions conservatrices ont échoué ou sont refusées, l’agrandissement chirurgical de la vessie avec de l’intestin est une technique validée.

 

Préparation à l’intervention

Avant l’injection, vous ferez les examens suivants :

• Analyse d’urine (ECBU + antibiogramme) 10 jours avant l’injection.

  • Si des germes sont présents en quantité >10.3/ml, un traitement antibiotique sera débuté au moins 2 jours avant l’injection sur avis de votre médecin référent ou s’il est absent de votre urologue. N’oubliez pas d’apporter les résultats de cet examen d’urine le jour de l’injection. Il sera obligatoirement vérifié avant le geste.
  • Si un traitement antibiotique vous est prescrit, les antibiotiques de la famille des aminosides doivent êtres évités les trois semaines précédant l’injection et les 15 jours suivants.

• Chez les femmes sans contraception et en âge d’être enceintes : test sanguin de grossesse.

 

En cas de prise de médicaments anticoagulants ou antiagrégants plaquettaires (médicaments qui fluidifient le sang) vous ferez un bilan de coagulation. Ces médicaments seront arrêtés et dans certain cas remplacés par d’autres avant l’injection. Ils seront repris après l’injection. Ce relais se fera conformément aux consignes données par votre médecin référent, votre cardiologue ou un médecin du service (urologue ou anesthésiste). Respectez scrupuleusement les dates d’arrêt et de reprise.

Si vous ne videz pas votre vessie par sondage que vous réalisez vous-même, le principal effet indésirable de l’injection est la diminution temporaire de la force de la vessie qui peut aboutir parfois à un blocage vésical temporaire (de quelques semaines à quelques mois). Pour cette raison, votre urologue va vous demander d’apprendre à vider la vessie par sondage à faire vous-même (autosondages) avant l’injection. C’est une précaution : elle ne signifie pas que le blocage de vessie va survenir, cependant elle est indispensable. Si vous n’êtes pas capable de faire ces auto-sondages ou si vous refusez d’apprendre, le traitement est contre-indiqué. Lorsque l’effet de la toxine disparaît, la vessie reprend son fonctionnement d’avant le traitement.

 

Technique opératoire

Après une instillation de Xylocaïne pendant 30 minutes dans la vessie, on obtient une bonne anesthésie de la paroi vésicale. Dans de rare cas, on peut avoir recours à une rachi-anesthésie ou une anesthésie générale pour injecter de la toxine botulique lorsque c’est vraiment nécessaire.

Une fois l’anesthésie faite avec une fine aiguille et une caméra passées par le canal urinaire, l’urologue va inspecter votre vessie puis la piquer 10 à 30 fois pour injecter la dose totale adaptée de TBA dans l’épaisseur de la paroi. Le geste dure moins de 5 minutes.

La préparation de produit ainsi que votre installation et désinfection durent plus longtemps (30-40 minutes) que l‘intervention elle même.

L’anesthésie locale fait disparaître la sensation de douleur, mais il se peut que vous perceviez la sensation du toucher par l’aiguille, ce qui peut être désagréable. L’utilisation d’un produit administré par un masque anesthésique peut parfois être nécessaire pour que vous soyez le plus détendu possible.

 

Durée prévisible :

  • De l’intervention : 5 – 10 minutes
  • Du passage en salle d'intervention : 45 minutes
  • Du séjour : Sauf cas d’éloignement géographique ou de nécessité d’une anesthésie générale (très rare), l’injection se fait en ambulatoire (entrée et sortie le jour même).
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Suites habituelles

Les effets de l’injection de toxine se font sentir entre 48 heures et 1 semaine après injection.

Pas de soins particulier à domicile. Un catalogue mictionnel est remis en vue d’une comparaison objective avant et après traitement. Vous pouvez reprendre votre activité habituelle dès le lendemain de l’injection.

 

Suivi post-opératoire

Vous reverrez le médecin qui a fait les injections dans les 4 à 8 semaines suivantes pour juger de l’efficacité du traitement.

Avant la consultation vous ferez :

  • Un calendrier mictionnel sur 3 jours
  • Une analyse d’urine (ECBU)
  • Dans certains cas, un bilan urodynamique pour contrôler l’efficacité

Vous verrez à nouveau votre médecin lorsque l’effet de la toxine commencera à diminuer ou peu avant que la durée d’efficacité de l’injection précédente ne soit écoulée (s’il s’agit de ré-injection).

 

Risques et complications

Certaines complications sont liées à la cystoscopie et aux piqûres faites dans la paroi vésicale. Elles sont rares, mais possibles :

  • Douleur ou inconfort au moment du passage de l’endoscope dans l’urétre ou surtout au moment des piqûres.
  • Crise d’hyperréflexie autonome avec élévation de la tension artérielle pendant les injections.
  • Saignement vésical visible plus de 12 heures.
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Aucun effet secondaire grave lié aux injections dans la vessie de toxine botulique n’a été rapporté en 7 ans d’étude sde ce traitement.

  • Le principal effet indésirable est la diminution temporaire de la force de la vessie qui peut aboutir parfois à un blocage vésical temporaire (de quelques semaines à quelques mois).
  • Pour cette raison, votre urologue va vous demander d’apprendre à vider la vessie par sondage à faire vous-même (auto-sondages) avant l’injection.
  • Si vous n’êtes pas capable de faire ces auto-sondages ou si vous refusez d’apprendre, le traitement est contre-indiqué.
  • Si le blocage ou la difficulté à uriner surviennent, ils sont temporaires. Lorsque l’effet de la toxine disparaît la vessie reprend son fonctionnement d’avant le traitement.
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D’autres complications ont été rapportées très exceptionnellement après l’injection de toxine botulique. Ces situations sont très rares :

  • Fièvre modérée (<38.5°C) de moins de 48 heures.
  • Fatigue généralisée avec baisse de la force musculaire dans les membres pouvant aller jusqu’à la difficulté à respirer (uniquement dans d’autres indications que les injections réalisées dans la vessie).

 

Votre urologue se tient à votre disposition pour tout renseignement.

 

AVERTISSEMENT

Fumer augmente le risque de complications chirurgicales de toute chirurgie.

Arrêter de fumer 6-8 semaines avant l'intervention élimine ce risque supplémentaire.

Si vous fumez, parlez-en à votre médecin, votre chirurgien et votre anesthésiste ou appelez la ligne Tabac‑Info‑Service au 3989 pour vous aider à réduire les risques et mettre toutes les chances de votre côté.

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